L'association À part'Être : 
Une association née d'une journée de rencontre, portée par des personnes qui vivent ou qui ont vécu l'aide sociale.

Une journée, le 14 mars 2024
Tout a commencé pendant l'hiver 2024. Pascale Staecheli et Myriam Gigon, les deux responsables de la réinsertion professionnelle du service de l'action sociale de Delémont, se sont entourées de Marjorie Maître et de Jean-Claude Métraux pour animer une journée intitulée « Mener une réflexion sur sa place dans la société : être acteur de sa vie, qui êtes-vous et où avez-vous envie d'aller, comment provoquer le changement ? ».
Leur souhait était de proposer autre chose, dans un autre cadre, qui fasse sens pour tenter de répondre à la question « Là où j'en suis maintenant ? ».
Le 14 mars 2024, une petite vingtaine de personnes ont répondu présentes. La matinée, forte en émotions, s'est déroulée sur le thème de la reconnaissance. Les mots ont résonné fort en chacun.
Ce qui s'est dit ce jour-là
L'isolement social, la solitude, le sentiment de honte, les sentiments d'impuissance et d'injustice, l'épuisement administratif, la perte d'estime de soi par l'incapacité de subvenir à ses propres besoins, les pertes de liens affectifs, la difficulté de vivre longtemps au minimum vital, l'humiliation de justifier ses besoins vitaux.
Et, le plus difficile, la confrontation intérieure d'être devenu soi-même ce « cas'sos » si méprisé dans la psyché collective.

L'après-midi a ouvert sur la notion de capabilités : pouvoir dire, pouvoir se raconter sa propre histoire de vie, et pouvoir agir en menant une action à terme et en commençant quelque chose de nouveau. S'est mis alors en place le germe de la phase de reconstruction.
Le constat qui ressort de cette journée tient en une phrase : « on s'est rendu compte qu'on était tous des cabossés ». Maladie, divorce, accident de parcours. De là naît la volonté de déstigmatiser l'image du « cas'sos ».
Une deuxième journée est organisée pour permettre de poursuivre l'ébauche des projets amorcés lors de la première journée.
Moins d'un an plus tard, le 21 janvier 2025, dix personnes fondent l'association lors de son assemblée constitutive, à LARC, à Delémont.
Pourquoi À part'Être ?
Le moment de reconnaissance mutuelle vécu lors de la première rencontre a mis en lumière un besoin essentiel : celui de casser l'image négative du « cas'sos », profondément ancrée dans la psyché collective et source de honte et de souffrance.
Le nom reflète cette démarche. À part évoque la perte de statut social et la vulnérabilité. Être représente ce qui demeure : la part authentique de chacun, fragile mais porteuse d'un potentiel créatif en dormance.
C'est sur ce terreau que l'association souhaite permettre l'émergence de nouvelles forces, de capacités d'agir et de projets concrets.
Le groupe de parole
Notre première action concrète. Ce groupe rassemble des personnes qui passent par là et qui se rencontrent pour s'entraider, dans un esprit de partage, de soutien mutuel, d'échange d'astuces et de ressources, de valorisation mutuelle des expériences. En savoir plus
Un questionnaire
Destiné aux bénéficiaires de l'aide sociale, pour faire l'état des lieux de leurs besoins et des lacunes existantes, et être un porte-parole vis-à-vis des services de l'aide sociale. Il est rédigé, et les étapes de sa diffusion sont encore à établir en partenariat avec le SSRJU.
Une campagne médias
Un projet pour plus tard : des podcasts radios et un projecteur sur l'aide sociale, ses bénéficiaires et ses acteurs. La campagne sera lancée une fois le groupe d'entraide sur les rails.
De la sensibilisation dans les écoles
Beaucoup d'enfants sont bénéficiaires de l'aide sociale de par la situation de leurs parents. Nous souhaitons informer et sensibiliser dès le niveau secondaire, en collaboration avec le SEN, des enseignants et des assistants sociaux, pendant les leçons d'éducation générale. Chacun de nous est prêt à participer.
Une porte ouverte
Une inauguration pour présenter l'association et ses projets, avec une animation musicale. Celle-ci aura lieu le 30 octobre 2026. Voir le programme
Prix du CCJE 2025
Une reconnaissance cantonale
L'association a reçu le prix du Conseil consultatif des Jurassiens domiciliés à l'extérieur, dans le cadre de son appel à projets dans le domaine social, 12e édition, doté de 10'000 francs.
Notre association et ses objectifs sont uniques. Elle est créée par et pour des bénéficiaires de l'aide sociale, et elle leur permet de s'exprimer d'une manière qui n'existe nulle part ailleurs. Elle n'empiète nullement sur les actions des institutions sociales jurassiennes existantes. Elle se veut créatrice de synergies, de liens et de ponts.
Rejoindre l'association
Pour être membre, il faut être ou avoir été au bénéfice de l'aide sociale, ou avoir œuvré dans ce domaine.
La cotisation annuelle démarre à 5 francs, sans plafond. L'adhésion se fait par prise de contact, puis le comité valide l'admission.
Qui porte l'association
Le comité : Céline Brungard et Suzy Nusbaumer-Ory, co-présidentes, et Monique Greppin, secrétaire-comptable. L'association fonctionne en gouvernance partagée, et tout le monde est bénévole.
Myriam Gigon et Pascale Staecheli, à l'origine de la journée de 2024, en sont les marraines. Jean-Claude Métraux en est le parrain.
L'association compte 16 personnes, membres, parrains, marraines et membres passifs compris.
Les visages d'À part'Être
Celles et ceux qui font vivre l'association, au quotidien.











Photos : La pellicule de Fab